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des étudiants lillois en grève des loyers

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  Lien vers ce message 11 Février 2010, 20:37
des étudiants lillois en grève des loyers

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Social Ils réclament l'amélioration des conditions d'hébergement en résidence universitaire

Ras-le-bol. Pour le moment, ils seraient 350 étudiants des résidences Galois (700 chambres) et Camus (800 chambres) à Villeneuve-d'Ascq à refuser purement et simplement de régler leur loyer. Le mouvement, initié par trois syndicats étudiants (Feruf, UEC et CGT-Crous), réclame l'amélioration des conditions d'hébergement en résidence universitaire. Et selon nos informations, il devait s'étendre hier soir à la résidence Chatelet, à Lille.

Albert-Camus insalubre
Pour l'heure, Martine Muller, directrice du Crous de Lille, préfère temporiser. « Je ne sais pas si ceux qui ne paient pas leur loyer sont des étudiants qui ont des difficultés financières ou des grévistes. » Mais elle met ces derniers en garde : « Ils s'exposent à une procédure de recouvrement. » Ce qui n'effraie aucunement Nicolas, résident d'Albert-Camus : « Les bâtiments sont insalubres. Cette grève, ça les obligera à faire quelque chose. » L'état de la chambre de Benoît, au pavillon V, atteste de la vétusté de cette résidence, construite dans les années 1970 : 9 m2 sans sanitaires, peintures défraîchies et murs tachés par l'humidité. Une femme chargée de l'entretien des lieux s'applique chaque jour à nettoyer les sanitaires collectifs et la cuisine rudimentaire de son bâtiment, composée en tout et pour tout d'un évier et de quatre plaques de cuisson. « En ce moment, je suis seule, car les arrêts de travail ne sont pas remplacés », confie-t-elle.
Pour Olivier Crammer, secrétaire général de l'union nationale CGT-Crous, les conditions de vie dans les résidences universitaires n'ont cessé de se dégrader : « En 1990, il y avait en moyenne quatre femmes de ménage par bâtiment. Aujourd'hui, elles ne sont plus que deux. »
Pour améliorer la situation à la résidence Albert-Camus, des petits travaux d'électricité ont pourtant été initiés l'année dernière. « Le problème, c'est qu'on ne peut rénover que 300 logements à la fois, si on ne veut pas mettre les étudiants à la rue », explique Martine Muller, directrice du Crous de Lille. « A Camus, il est prévu que d'ici 2011, le bâtiment U soit rénové, avec l'installation de sanitaires individuels », poursuit-elle. Problème : les logements rénovés sont aussi plus onéreux.
Hélène fargues
loyer

Trente-six résidences universitaires sont gérées par le Crous dans l'académie de Lille. En moyenne, le loyer pour une chambre de 9 m2 comprenant des sanitaires collectifs s'élève à 133 € par mois.


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  Lien vers ce message 26 Février 2010, 3:31
Grève des loyers d'étudiants lillois contre le délabrement de leurs résidences
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La vie de Maxime tient dans un 9 m2. Une chambre remplie à ras bord, un joyeux capharnaüm. Sur l'étagère, bouquins et gel douche côtoient poêle à frire, poivrier et salière. Etudiant en master biologie et environnement, Maxime habite depuis quatre ans la résidence Galois, l'une des plus délabrées du campus de Villeneuve-d'Ascq, une commune du Grand-Lille. Il a mis de côté son loyer de février et ne le versera au Crous de Lille que "si les choses bougent".

Depuis mi-janvier, il suit l'appel à la grève des loyers de la Fédération des étudiants en résidence universitaire de France (Féruf, proche de l'UNEF), de l'Union des étudiants communistes, de membres de l'UNEF et de la CGT-Crous. Comme 400 autres étudiants, répartis dans les résidences Galois, Camus, Chatelet et Van Der Meersch du Grand-Lille. Un chiffre que Martine Muller, la directrice du Crous de Lille, ne peut confirmer.

Situés sur le campus de Lille-I, quatre des cinq bâtiments de la résidence Galois, dont celui de Maxime, n'ont jamais connu de travaux de rénovation lourds. Ils datent pourtant de 1965. A l'extérieur, les façades sont délavées, noircies. Une fois passée l'entrée, ménage et travaux quotidiens ne parviennent plus à cacher la misère. Etage après étage, la même peinture effritée, la même humidité, les mêmes douches auréolées de taches vertes tirant sur le marron. Sur les 700 chambres que compte la résidence, 100 restent fermées. Impossible de les louer.

En plus des cafards, des sanitaires insalubres, du chauffage insuffisant, de la connexion Internet aléatoire, Maxime se plaint de la fenêtre dont le cadre laisse passer l'air, et est un véritable nid à moisissures. "Je dois gratter régulièrement le tour de la fenêtre si je ne veux pas que les traces se répandent jusqu'à mon lit..." Malgré l'état de la chambre, le loyer a augmenté, comme chaque année, à la rentrée 2009 : il s'élève à 136 euros, avant le versement de l'aide au logement qui le ramène à 90 euros.

Pour Ugo Bernalicis, vice-président étudiant (UNEF) du Crous de Lille, et Pierre Tribout, responsable local de l'Union des étudiants communistes, la déliquescence des bâtiments est un signe du "désengagement de l'Etat". Un signe de non-engagement plutôt. Mme Muller reconnaît que, durant des années, les résidences du Crous n'ont pas été entretenues. Avec ses 150 000 étudiants, dont 49 000 boursiers, l'académie de Lille est une des plus importantes. Le Crous y gère un parc de 9 251 chambres réparties dans 38 résidences. Seulement 6 % des étudiants de l'académie y trouvent à se loger, contre 7 % au niveau national.

"RELOGEMENT"

Si les étudiants ne le ressentent pas encore, les choses sont en train de changer. "Depuis trois-quatre ans (et la mise en place du plan Anciaux de rénovation des logements étudiants), l'Etat intervient et, nouveauté, la communauté urbaine de Lille devrait participer au budget des résidences", souligne la directrice du Crous.

Depuis 2005, 1 800 logements ont été réhabilités et seulement 260 logements neufs sont sortis de terre. Mme Muller avoue être freinée par les délais de construction, en moyenne de trois ans : "Même avec plus de crédits, on ne peut pas réhabiliter plus de 300 à 400 logements par an. Au-delà, nous rencontrons un problème de relogement de nos étudiants."

Prévue depuis 2007, la rénovation de la résidence Châtelet va débuter cette année. Un des bâtiments de Galois devrait voir également ses sanitaires remis en état. En outre, le "plan campus" de Lille prévoit 20 millions d'euros pour financer de nouveaux logements. Reste que, selon Mme Muller, la grève des loyers n'intervient pas innocemment. Les élections des représentants étudiants au conseil d'administration du Crous auront lieu le 23 mars.
Emilie Legendre


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  Lien vers ce message 26 Février 2010, 19:06
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Mal-logement étudiant | SNCF | FN et minarets | Journée sans immigrés | Michel Charasse | Didier Migaud | Régionales
TRIBUNE
Etudiants, pourquoi nous faisons la grève des loyers à Lille
Par Matthieu Lelong | Etudiant syndicaliste | 26/02/2010 | 12H13

Des cafards pochés sur un mur (Kmndr/Flickr)

On trouve dans la cité U des accessoires dignes de vacances au camping :

* les tongs, indispensables pour aller prendre une douche, protègent les pieds du contact avec le sol ;
* la lunette personnelle, meilleur moyen de se prémunir des infections dues à la moisissure comme dans les douches ;
* le piège à cafard : malgré lui, l'étudiant vit souvent en colocation avec la faune locale ;
* le radiateur électrique, indispensable pour ne pas finir en bâtonnet glacé au réveil : de minuit à 6 heures pas de chauffage et pas d'isolation (car, pour clôturer le tout, la moisissure attaque les fenêtres).

Nous sommes aujourd'hui 450 étudiants en grève des loyers dans les cités U de Lille. Un mouvement solidaire entre étudiants et personnel initié par la Feruf de Lille, l'UEC et la CGT-Crous.

Le programme de rénovation du Crous ne concerne que 4% de son parc immobilier (300 logements) ; excédés, nous avons stoppé le paiement des loyers afin d'obtenir les rénovations qui sont nécessaires depuis des années.

Concrètement, les résidences n'ont pas subi de travaux majeurs depuis leur construction dans les années 60-70. Ce qui nous amène aujourd'hui à des situations mettant en danger la santé des étudiants.
Un cuisinier pour réparer les lavabos

Certains agents du Crous se voient confier par ce dernier des missions en dehors de leurs compétences. Ainsi Greg, cuisinier au RU voisin, a été sommé de réparer un lavabo bouché à la résidence Camus :

« J'ai dit à l'étudiant que j'étais d'accord pour le faire mais que je
n'avais aucune idée de comment m'y prendre. Je suis cuisinier, pas
plombier. »

On a parfois la chance d'avoir des rénovations de fortune, des agents du Crous recouvrant par exemple de peinture les tuyaux rouillés.
Mais comme l'explique Patrice, agent du Crous à Galois : « Ça ne sert à rien, au bout de quelques semaines la peinture s'écaille. »
L'Etat ne répond pas aux besoins des étudiants

Notre action n'est pas dirigée contre le Crous ; nous tenons à souligner notre attachement au service public tant qu'on lui donne les moyens de fonctionner, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. Si les loyers et le prix des repas augmentent, ce n'est en effet pas un hasard : c'est dû au désengagement de l'Etat qui pourvoit mal aux besoins des étudiants, poussant le Crous à accroître ses tarifs.

Notre mouvement s'adresse directement à Valérie Pécresse, seule apte à faire changer la situation en finançant le Crous à hauteur de ses besoins et non pas sur une logique d'économies.

Nous réclamons le gel des loyers, la baisse du ticket RU à 2,50 euros, l'augmentation des bourses, le recrutement de personnel et la construction de nouveaux logements.


http://www.rue89.com/2010/02/2...-a-lille-140582
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